Le 20 décembre 2011, l’ACPA et l’Association canadienne des constructeurs de véhicules (ACCV) ont publié un communiqué de presse commun pour commémorer une réalisation majeure du programme « ElimiMercure ». Dans le cadre de ce programme, l’ACPA et l’ACCV financent ensemble l’élimination des commutateurs au mercure des véhicules en fin de vie. Cette opération, gérée par Summerhill Impact en notre nom, est réalisée dans le respect de l’environnement. Jusqu’à maintenant, 500 000 commutateurs de ce type ont été récupérés et gérés en toute sécurité depuis 2001. Cela méritait de le signaler.
L’élimination du mercure de ces véhicules constitue une forme de lutte contre la pollution qui respecte les exigences des responsables de la réglementation environnementale du gouvernement fédéral, et qui est aussi de plus en plus reconnue par les provinces. C’est une opération importante parce que les restes déchiquetés des automobiles retirées de la circulation sont un intrant important de la production d’acier. Au Canada, la ferraille d’acier provenant de nombreuses sources est utilisée continuellement pour produire des aciers recyclés de haute qualité entrant dans la fabrication de nombreux produits à usage quotidien, comme les barres d’armature et les poutres pour les bâtiments, les pièces automobiles et les tuyaux d’acier, pour n’en citer que quelques-uns. Le secteur canadien de l’acier recycle chaque année de 7 à 8 millions de tonnes d’acier, ce qui équivaut à peu près à l’acier entrant dans la fabrication de 7 à 8 millions de voitures. Cela permet d’éliminer les abominables montagnes de déchets venant des véhicules envoyés à la casse et réduit de façon importante la consommation des nouvelles ressources (minerai de fer, charbon et autres) nécessaires pour fabriquer du nouvel acier.
Le fait de retirer les commutateurs au mercure de la ferraille d’acier empêche ce métal lourd d’entrer dans la refonte des aciéries, un processus au cours duquel le mercure serait vaporisé et rejeté dans l’atmosphère. L’élimination de ces commutateurs au mercure est la meilleure façon, c’est-à-dire la plus simple, la plus efficace et la plus économique d’atteindre cet objectif environnemental.
Il ne fait aucun doute qu’il fallait commencer, pour atteindre cet objectif, par retirer ces commutateurs des carcasses automobiles, car celle-ci constitue, de loin, le principal intrant de l’acier recyclé. En effet, certains modèles des véhicules fabriqués il y a quelques années utilisaient des commutateurs au mercure pour leurs systèmes d’éclairage et pour les capteurs de leurs systèmes ABS. La réglementation fédérale visait l’élimination de ces commutateurs, et le programme ElimiMercure y a contribué efficacement. Il faut cependant savoir que des commutateurs au mercure provenant d’autres sources se retrouvent dans la ferraille d’acier. On pense, par exemple, à ceux se trouvant dans les réfrigérateurs à bière et dans les vieux congélateurs qui peuvent se trouver dans votre sous-sol. Il se peut que ces appareils vous soient actuellement utiles, mais ils finiront par cesser de fonctionner et par se retrouver à la ferraille.
Face à ce problème, les producteurs canadiens d’acier ont décidé de ne pas s’en tenir au programme ElimiMercure et d’aller, volontairement, au-delà des exigences de la réglementation. C’est pourquoi, en 2009, l’ACPA a adopté une politique dite de « zéro mercure » dans le cadre de laquelle les sociétés membres de l’association ont adopté des politiques d’achat de ferraille qui exige de leurs fournisseurs que cette ferraille soit libre de mercure. Les avantages de cette pratique pour l’environnement sont manifestes.
Les fournisseurs de ferraille n’étant pas tenus par la réglementation de retirer ces commutateurs au mercure, il ne peut s’agir là que d’un programme volontaire mis en œuvre par les membres de l’ACPA. Les aciéries canadiennes appliquent ce programme en tenant compte des conditions locales et en recourant à toute une gamme de moyens dont :
- travailler à informer les fournisseurs sur l’importance de livrer de la ferraille libre de mercure;
- l’annulation des commandes de ferraille d’acier qui ne respectent pas les exigences de cette politique;
- la réalisation de vérifications des fournisseurs pour s’assurer de la conformité à cette politique;
- l’examen des données sur la participation au programme ElimiMercure pour trouver les fournisseurs de ferraille qui ne se conformerait pas rigoureusement à la politique du « zéro mercure »;
- l’obligation faite aux fournisseurs d’attester par écrit qu’ils se conforment aux exigences du programme.
Dans le cadre de l’engagement permanent de l’ACPA à s’approcher au maximum de l’objectif de la politique du « zéro mercure », nos sociétés membres vont continuer à collaborer avec leurs partenaires de la chaîne d’approvisionnement en ferraille d’acier pour s’assurer de la conformité maximale possible à cette politique. Nous sommes convaincus que la vaste majorité des fournisseurs s’efforce de faire de son mieux et nous voulons travailler avec ceux-ci. Tous ensemble, les participants de la chaîne d’approvisionnement en ferraille d’acier contribuent à améliorer l’état de l’environnement et à garantir la réussite durable du secteur canadien de l’acier. Une politique volontaire du « zéro mercure » n’est qu’une autre façon pour permettre à l’acier de rendre le Canada plus fort.
- Ron Watkins