Commerce

L’importance du commerce basée sur des règles

Que ce soit au Canada, en Amérique du Nord ou ailleurs dans le monde, les marchés de l’acier sont de plus en plus régis par les forces de la mondialisation, qui s’exercent au-delà de leurs frontières. Même si l’acier et ses divers produits sont relativement lourds et coûteux à transporter, ils franchissent fréquemment les océans pour trouver des clients.

En principe, ces échanges commerciaux bénéficient à la fois aux producteurs d’acier et aux utilisateurs : l’appariement de divers types d’acier pour toute une gamme de produits et d’applications a pour effet d’accroître la valeur dans toute la chaîne d’approvisionnement de nombreuses industries.

Plus d’un tiers de la production mondiale d’acier est échangé à l’échelle internationale et, au Canada, plus de la moitié de l’acier consommé au pays est importé. Au final, le Canada est un importateur net d’acier.

Toutefois, le secteur mondial de l’acier continue à être pénalisé par une surcapacité structurelle de production. De nombreux pays, dont ceux connaissant des taux de croissance élevés, produisent beaucoup plus d’acier qu’ils n’en consomment. Le problème prend souvent sa source non pas dans des entreprises précises mais dans les appareils gouvernementaux qui veulent développer un secteur de l’acier afin de répondre à la fois à des besoins internes et d’exportation pour conquérir des marchés ailleurs.

Il arrive malheureusement souvent que les importations au Canada ne soient pas justifiées uniquement par les forces du marché. Le recours à des subventions et à d’autres pratiques ayant pour effet de créer des distorsions sur le marché mine la capacité des entreprises canadiennes à être concurrentielles.

Le bloc de l’ALENA (Canada, États-Unis et Mexique), qui est le plus important importateur régional d’acier, est particulièrement vulnérable aux effets des distorsions apparaissant sur les marchés commerciaux. Les marchés nord-américains sont les plus ouverts dans le monde, et de nombreuses entreprises internationales y commercialisent leurs produits de l’acier.

Les principales distorsions intervenant dans les échanges commerciaux du secteur de l’acier relèvent de deux grandes catégories : les subventions et le dumping.

On parle de subventions lorsqu’un gouvernement intervient sur un marché de l’acier pour apporter une aide artificielle à une entreprise. Ces interventions peuvent prendre la force d’aide financière directe (subventions, prêts) ou des formes plus indirectes d’aide, comme des quotas. Ces avantages artificiels ont un effet de distorsion sur le marché en permettant à des entreprises subventionnées de mener une concurrence injuste envers d’autres qui produisent et vendent leurs produits en tenant compte des réalités économiques, des règles en matière de risques et de rendement des investissements et des forces du marché.

Il y a dumping lorsqu’une entreprise vend un produit sur un marché étranger à un coût inférieur à son coût de production ou à un prix inférieur à son prix de vente sur son marché local.

Les deux types de distorsion des échanges commerciaux vont à l’encontre des forces d’un marché libre et sont tous deux interdits par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le recours aux pratiques créant des distorsions sur le marché oblige les entreprises et les pays à imposer un commerce juste en recourant au droit du commerce et à des recours commerciaux. Au Canada, ces questions sont tranchées par le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE).

Les sidérurgistes canadiens sont prêts à faire concurrence sur des marchés libres et ouverts et continueront à s’opposer aux pratiques amenant des distorsions injustes du marché. Pour enregistrer des progrès à long terme dans ce domaine, il faudra améliorer les règles du commerce et les renforcer considérablement, et prendre des mesures efficaces pour s’attaquer à la croissance de la capacité excédentaire qui continue à être mise en place dans de nombreux pays producteurs d’acier.

Collaboration nord-américaine

Le secteur de l’acier est à l’avant-scène de l’intégration de l’économie nord-américaine. En 2010, la production totale d’acier dans les pays membres de l’ALÉNA était de 110,6 millions de tonnes métriques, représentant une valeur de 85,2 milliards de dollars.  Si elle a dépassé de 36 % le faible niveau de 2009, elle reste néanmoins inférieure de 10 % au niveau de 2008 et de 15 % à celui de 2007.  La production d’acier brut dans la région de l’ALÉNA étant insuffisante pour répondre à sa demande, les pays membres de l’ALÉNA sont depuis longtemps de gros importateurs nets d’acier en provenance d’autres pays.  Les importations nettes ont culminé en 2006 à 39 millions de tonnes, mais ont diminué sensiblement chaque année par la suite pour ne plus être que de 8 millions de tonnes en 2009.  En 2010, ces importations nettes sont reparties à la hausse pour atteindre 12 millions de tonnes.

Le secteur canadien de l’acier a joué un rôle important dans l’évolution du libre-échange nord-américain en commencant par le premier Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALE), conclu en 1998.  Cela s’est poursuivi avec l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) de 1993

Le marché de l’acier de l’ALENA est, pour l’essentiel, intégré : les flux commerciaux sont à peu près équilibrés et les compagnies productrices d’acier des trois pays membres se font concurrence pour obtenir des marchés, travaillent avec les mêmes clients et dépendent des mêmes sources de matières premières. Le secteur de l’acier a été un modèle de coopération dans le cadre de l’ALENA et, ce qui est aussi très important, de partage des avantages dans chacun des pays signataires.

En reconnaissant l’importance stratégique de l’acier dans la région de l’ALENA, les trois gouvernements signataires de cet accord ont mis sur pied, en 2003, le Comité nord-américain du commerce sur l’acier (CNACA) qui coordonne les mesures prises par les gouvernements et l’industrie afin d’améliorer conjointement les conditions d’une croissance et d’une prospérité soutenue du secteur de l’acier dans la région. Comme les leaders des trois pays l’ont convenu, le CNACA met en évidence « un partenariat stratégique doté d’une vision stratégique ».

Le CNACA a élaboré une Stratégie nord-américaine de l’acier pour guider les travaux des gouvernements et de l’industrie au cours des mois et des années à venir. Cette stratégie met l’accent sur trois grands secteurs :

  1. Le commerce extérieur
  2. Le commerce intérieur (dans les limites de l’ALENA)
  3. La productivité et la capacité concurrentielle de l’industrie

Dans le cadre de leur stratégie commune de l’acier, les secteurs nationaux de l’acier des pays membres de l’ALÉNA poussent leurs trois gouvernements à poursuivre leurs efforts pour améliorer les déplacements des biens et des personnes dans les limites de la région et pour alléger la réglementation qui impose des lourdeurs administratives et des coûts additionnels aux entreprises, qui nuisent à leur capacité concurrentielle au niveau mondial et à leurs résultats financiers.

Le Canada doit s’appuyer sur les bases mises en place avec l’ALÉNA, et sur la déclaration conjointe récente du Canada et des États-Unis portant sur une vision commune, pour parvenir à de plus grandes efficiences économiques;   ce qui renforcera la capacité concurrentielle de l’industrie nord-américaine par rapport à celle de ses autres partenaires commerciaux.   On entend par là des initiatives et des politiques de collaboration, y compris concernant le commerce transfrontalier et les infrastructures, les systèmes de transport et les politiques environnementales qui traiteront en particulier  des conséquences des nouvelles réglementations sur le changement climatique sur la concurrence pour les secteurs grands consommateurs d’énergie et soumis à la concurrence.

À l’échelle internationale, l’ACPA coopère avec d’autres pays producteurs d’acier pour conclure des ententes permettant d’éliminer ou de réduire sensiblement les subventions ayant des effets de distorsion sur le marché. En collaboration avec le gouvernement fédéral, l’ACPA travaille activement à s’attaquer à ces problèmes à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et au Comité sur l’acier de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Statistiques importantes du Canada (2010)

Production : 13 millions de tonnes
Ventes : 14 milliards $
Consommation intérieure apparente (CIA) : 15.5 millions de tonnes
Importations : 8,5 millions de tonnes
Exportations : 6,8 milliards $

Pour de plus amples informations, consultez le site de Statistique Canada ou le North American Steel Trade Monitor.