Le secteur manufacturier est important pour le Canada
Au cours des dernières années, on a accordé beaucoup d’attention au concept d’économie dite « postindustrielle », ou « nouvelle économie », qui s’appuie essentiellement sur les secteurs de la haute technologie et des services. Trop fréquemment, la prédominance accordée à ce concept a amené à négliger l’importance pourtant indubitable du secteur manufacturier, dont l’apport en richesses ne s’est jamais démenti et qui a permis d’offrir de bons emplois à des millions de Canadiens partout au pays. Il ne fait aucun doute que les industries émergentes joueront un rôle important à l’avenir, mais elles ne sauraient remplacer les contributions multiples d’un secteur manufacturier concurrentiel. Cette réalité est devenue manifeste pendant la récession que le Canada et le reste du monde ont vécue récemment et de nombreux pays adoptent dorénavant des politiques spécifiques pour stimuler le renouvellement de leur base industrielle.
Le secteur manufacturier crée des richesses pour tout le Canada en combinant les compétences de nos employés et le patrimoine de nos ressources naturelles. Il aide le Canada à tracer son chemin dans le monde. C’est le secteur manufacturier qui apporte des nouveaux produits et des technologies novatrices, indispensables pour nous doter d’une économie et d’une société plus respectueuses de l’environnement, plus efficientes et plus productives. Ses répercussions vont bien au-delà de son apport direct de 13 % au produit intérieur brut. Le secteur est à la base de l’économie et compte parmi les clients de nombreux autres secteurs des technologies et des services aux entreprises qui, eux aussi, emploient des millions de Canadiens. Le rôle essentiel du secteur manufacturier impose de raviver l’intérêt pour des politiques renforcant la capacité concurrentielle de l’industrie canadienne lui permettant des réussites plus marquantes sur les marchés intérieurs et extérieurs. De telles politiques revêtent une importance toute particulière alors que le Canada cherche à être concurrentiel face à d’autres pays pour obtenir à l’avenir des investissements en immobilisations.
Faire du secteur manufacturier une priorité des politiques gouvernementales
- Lorsqu’ils cherchent à équilibrer leurs intérêts stratégiques, les gouvernements doivent accorder la priorité à la capacité concurrentielle du secteur manufacturier. C’est là un critère décisif et stratégique qu’il faudrait appliquer à toute nouvelle mesure de politique gouvernementale, et à toutes les réductions de dépenses à venir, afin de ne pas miner la mise en œuvre de programmes et de services importants pour l’innovation industrielle, pour le perfectionnement des compétences et pour les infrastructures essentielles, aussi bien matérielles que technologiques.
- Le Budget 2011 du gouvernement fédéral s’est avéré une contribution importante en affirmant à nouveau que les réductions de taxes qui étaient prévues auraient bien lieu et en prolongeant de deux années additionnelles la période d’application de la déduction pour amortissement accéléré (DAA) pour les équipements de production. La DAA est une mesure ciblée qui constitue un incitatif direct aux investissements, à l’innovation et à l’amélioration de la productivité. Afin d’offrir des incitatifs additionnels et, très certainement, de favoriser les décisions d’investissement favorable au Canada, l’application de la DAA devrait être prolongée pendant cinq ans de plus. Une telle mesure bénéficierait en particulier aux grandes entreprises, comme les aciéries, qui disposeraient alors d’un horizon budgétaire clair leur permettant de planifier, de développer et de mettre en œuvre des investissements importants en technologie de pointe, en processus plus efficients et en technologies environnementales.
- Lorsqu’ils étudient le moyen et le long terme, les gouvernements fédéral et provinciaux devraient réaliser des évaluations complètes des répercussions de leurs politiques et de leurs programmes principaux sur la capacité industrielle des entreprises canadiennes. Les ministres de l’Industrie et du Développement économique pourraient mettre sur pied un comité d’experts pour formuler des recommandations sur les politiques destinées à améliorer les perspectives à moyen terme de l’industrie. Leur étude devrait porter sur toutes les dimensions importantes des politiques gouvernementales touchant le secteur manufacturier, et recommander les mesures précises que devraient prendre les gouvernements, l’industrie et les autres intervenants.
- L’industrie canadienne opére dans le cadre de l’ALENA. Les industries des trois autres pays signataires de cet accord demandent toutes l’adoption de politiques d’appui au secteur manufacturier. Afin de donner un élan marqué à une telle orientation globale des politiques, le prochain sommet des leaders de l’ALENA pourrait en faire une priorité de politique commune de leurs gouvernements respectifs.
- En février 2011, le Canada et les États-Unis ont convenu de partager une « vision commune concernant la sécurité du périmètre et la compétitivité économique ». Cette déclaration doit être suivie de mesures concrètes pour améliorer l’efficience des échanges commerciaux et réduire les entraves réglementaires inutiles, tout en respectant les impératifs en matière de sécurité nationale des deux pays.